Chère Douce Saigon

Chaque année, le 14 février, nous écrivons des petits mots, nous achetons des fleurs et des chocolats et essayons de trouver le mot juste pour transmettre notre amour à ceux qui sont importants pour nous. Mais qu’en est-il de la ville qui est la toile de fond bruyante, et pourtant silencieuse, des moments intimes entre d’innombrables couples d’amoureux nichés dans la puissante énergie publique de ses foules animées? Et pourquoi pas aujourd’hui une lettre d’amour destinée à Saigon, Vietnam, l’endroit qui nous insuffle la vie dans tous nos moments secrets?

 

 

 

 

Chère Saigon,

Ceux qui t’appellent ainsi à la maison t’aiment comme ils peuvent aussi te détester parfois. Quand il s’agit de toi, il y a tant à faire et même plus pour commencer à te comprendre. Tu changes constamment ton look, tu fermes une rue qui nous est familière, de nouveaux bâtiments surgissent du jour au lendemain… Parfois, c’est comme si on ne pouvait jamais vraiment  te connaître. Pendant que tu conserves à certains endroits l’apparence d’une vieille demoiselle européenne, tu évolues constamment pour devenir quelque chose de nouveau offrant de nouvelles raisons d’être découverte et aimée.

 

 

Pour certains, tu es une maîtresse cruelle, Saigon. Les enfants des rues, les mendiants au bras ou à la jambe manquante ou encore les malheureuses victimes de la pauvreté qui ne peuvent échapper aux griffes de tes rues. Mais aussi vite tu deviens le décor de vrais moments de tendresse.

Zoom sur un couple d’amoureux sur une moto, les bras étroitement enroulés autour de la taille, des mains frôlant une jambe et durant ce moment, ils ne font plus qu’un, fusionnant et partageant un moment d’intimité folle.

 

Certains disent que tu es sale, mais ceux qui t’aiment voient au-delà de ça car ils notent aussi la présence de centaines voir de milliers de nettoyeurs de rues en uniformes bleus et chapeaux de riz traditionnels. Il est facile de les ignorer tant ils se confondent dans tes rues, faisant presque partie d’elles mais ce sont eux qui accomplissent cette tâche herculéenne dans une ville de plus de neuf millions d’habitants. Ce sont eux qui taillent tes arbres et tes fleurs, qui balaient la poussière sans fin de tes rues et qui ramassent tes ordures. Ils sont les gardiens silencieux veillant sur toi jour et nuit, jour après jour.

 

 

 

 

Certains de tes habitants en viennent même à adorer ta saison des pluies torrentielles qui inondent tes rues, le soudain obscurcissement de ton ciel et les craquements assourdissants du tonnerre. La pluie tombe alors en masse, presque violemment et les gens courent se mettre à l’abri, tandis que les plus courageux se contentent de porter des ponchos en plastique poursuivant incognito leur chemin en moto.

Tes belles averses permettent à la foule de se reposer et de profiter de rares moments d’anonymat, enveloppés de ces imperméables de la tête aux pieds leur permettant de se frayer un chemin au travers de tes rues sans avoir à se soucier de pantalons et pieds mouillés.

Ceux qui t’aiment le plus, seront d’accord sur le fait que le meilleur arrive après la tempête. Tout à coup, tout le monde émerge comme si rien ne s’était passé, la vie continue et l’on regarde alors, ces jolies jeunes filles à la mode, soulever leurs hauts talons pour éviter des flaques d’eaux ressemblant à des lacs.

 

 

 

 

 

L’entrelacs de tes rues ressemble à un labyrinthe parfois. Si encombré, avec des vendeurs se disputant chaque espace, se poussant pour pouvoir remplir leurs paniers de fruits et légumes, sans se gêner mutuellement. Les motos roulent souvent trop vite dans de si petites ruelles, sur fond de chansons karaoké sortant de hauts parleurs de restaurants où des familles entières se retrouvent autour de minuscules tables en plastique pour partager un repas, un hot pot, car les petits mais importants moment de la vie, se partagent ici souvent en extérieur.

 

 

 

 

La nuit, tu te métamorphoses en une autre créature. Tes rues s’illuminent de mille feux provenant d’une myriade de festivals et d’événements célébrés tout au long de l’année. Le bourdonnement constant de milliers de moteurs de motos et de klaxons de voiture devient ton battement de cœur et tu vibres alors de toute ton énergie positive.

De tes grands boulevards bordés d’hôtels, Opéra et élégants restaurants jusqu’aux sombres recoins et cafés populaires, tu as tout. Vue d’en haut, on pourrait même dire, que tu es belle.

Nous t’aimons Saigon. Toi et toutes tes intrigues, ton passé et ton présent, ton chaos et tes rares moments de calme qui constituent le paysage de plus de 9 millions d’histoires toutes reliées entre elles. C’est toi qui es la présence constante de chacun de nos moments heureux, malheureux, à couper le souffle, et de notre vie quotidienne ici.

Aujourd’hui, tu es notre Valentine.

 

 

 

 

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